01Choisir la gâchée d'après le fouet, pas d'après le sac
La recette de référence est celle que Vicat imprime pour son ciment de travaux courants : un sac de 25 kg pour sept seaux de 10 litres de sable et environ 11 litres d'eau, soit 350 kg de ciment par mètre cube de sable. Ramenée à un seau de sable, elle donne 3,5 kg de ciment et environ 1,6 litre d'eau. Au malaxeur, on gâche un nombre de seaux adapté au fouet : un seau avec un fouet de 120 mm, un seau et demi avec un 140 mm, deux seaux et demi avec un 160 mm. Un seau de sable pèse près de 17 kg ; ces trois gâchées pèsent donc 22, 33 et 55 kg, dans les plages que Collomix donne pour ces diamètres (15 à 25, 25 à 35 et 30 à 60 kg). À 2 kg le litre de mortier frais, cela fait environ 11, 16 et 27 litres.
Le piège : Un sac de 25 kg avec ses sept seaux de sable et ses 11 litres d'eau pèse plus de 150 kg, près de 80 litres de mortier : bien au-delà des 60 kg d'un fouet de 160 mm. Le mélange tourne autour de l'hélice sans passer dedans. Le sac entier, c'est la bétonnière.
02Préparer une mesure de ciment pour la journée
« Un volume de ciment pour trois volumes de sable » est la règle courante, et elle est d'autant moins précise qu'on tasse le ciment : Vicat donne à son ciment en vrac une masse de 0,9 à 1,5 kg par litre, et une poudre versée pèse moins que la même poudre tassée. Un seau de ciment pour trois seaux de sable, c'est donc de 300 à 500 kg de ciment par mètre cube de sable. Pesez une fois la dose de votre gâchée — 3,5 kg pour un seau de sable, 5,25 kg pour un seau et demi, 8,75 kg pour deux et demi —, tracez le niveau au marqueur dans le pot, puis remplissez-le toujours de la même façon : la poudre versée, jamais tapotée.
Le piège : Un pot secoué pour « faire la mesure » peut dépasser la dose de moitié, bien au-delà de la fourchette du DTU 20.1 pour les blocs béton : 300 à 350 kg de ciment par mètre cube de sable. Le dosage est une fourchette, pas un minimum à dépasser.
03Verser les deux tiers de l'eau dans le bac
L'eau d'abord : c'est l'ordre que Collomix donne pour le gâchage au fouet dans un seau ou un bac. Versez les deux tiers de l'eau prévue — environ 1 litre par seau de sable, 1,6 litre pour une gâchée d'un seau et demi — et gardez le reste à côté, dans un récipient gradué. Le sable de chantier apporte sa propre eau : sorti d'un tas humide, il en contient déjà une partie, et la gâchée en demande souvent moins que prévu.
Le piège : La poudre versée la première se colle au fond et dans les angles, là où l'hélice ne passe pas : on la retrouve en poche sèche au moment de vider le bac, quand il est trop tard pour la mélanger.
04Ajouter le ciment, fouet en marche en première vitesse
Plongez le fouet dans l'eau, démarrez en première vitesse, puis versez le ciment en pluie. Le ciment et l'eau d'abord, le sable ensuite : le ciment se disperse entièrement dans l'eau et forme une pâte grise lisse avant qu'aucun grain de sable ne vienne l'enfermer en grumeaux. Versez le pot bas, près de la surface : c'est à ce moment que la poudre s'envole.
Le piège : Un fouet posé au fond avant le démarrage accroche, tord les poignets et fait gicler le contenu du bac. On démarre fouet immergé, on tient la machine à deux mains, et on ne sort jamais l'hélice du mélange tant qu'elle tourne.
05Incorporer le sable seau par seau
Versez le sable progressivement, en promenant le fouet du fond vers les bords et dans les angles du bac. Le mélange s'épaissit à chaque apport ; s'il freine franchement le fouet, ajoutez un peu de l'eau gardée de côté plutôt que de forcer la machine. Raclez les parois à la truelle une ou deux fois : le sable resté collé au bord n'est jamais passé dans l'hélice.
06Finir l'eau petit à petit, puis malaxer jusqu'à un mélange uniforme
Le reste de l'eau s'ajoute un quart de litre à la fois, en laissant tourner le fouet entre deux ajouts : un mortier passe de trop ferme à trop mou en très peu d'eau. Vicat demande de malaxer son mortier plus de trois minutes, à la bétonnière de préférence. Au malaxeur, on s'arrête quand la couleur est uniforme, sans grumeau ni poche sèche au fond, en restant en première vitesse : la seconde est faite pour les liquides et emprisonne de l'air dans un mortier.
Le piège : L'eau en trop réduit la résistance du mortier et le fait fissurer en séchant, et elle ne se retire plus. Un mortier trop mou se rattrape en ajoutant sable et ciment dans les proportions de la recette : la gâchée grossit d'autant, vérifiez qu'elle reste dans la plage du fouet.
07Vérifier la consistance avant de poser le premier bloc
Trois contrôles, dans l'ordre. Dans le bac, aucune pellicule d'eau en surface et aucun grumeau. À la truelle, un sillon tracé avec la tranche garde des bords nets, sans s'affaisser ni s'émietter ; une charge prise sur la truelle y reste accrochée quand on la retourne. Au mur enfin, le test qui décide : posé sur son lit de mortier, le parpaing descend au cordeau en quelques petits coups de manche de truelle, et le joint horizontal finit entre 10 et 15 mm d'épaisseur.
Le piège : Si le bloc s'enfonce tout seul et que le mortier coule sur sa face, le mortier est trop mou ; s'il faut frapper fort et que le joint reste épais, il est trop ferme. Corrigez la gâchée suivante, pas le bac entamé.
08Gâcher au rythme de la pose, et rincer entre deux gâchées
Gâchez ce que vous posez en une heure. Les mortiers prêts à gâcher de PRB et de Parex annoncent environ deux heures d'utilisation à 20 °C, moins par temps chaud, et un mortier qui a commencé à tirer ne se rattrape pas en lui rajoutant de l'eau : Collomix le déconseille, et c'est la résistance du joint qui paie. Dès le bac vidé, faites tourner le fouet quelques secondes dans le seau d'eau claire, puis rincez le bac avant la gâchée suivante.