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Faire du mortier au malaxeur : le dosage au seau de sable, l'ordre dans le bac et le test du parpaing

Faire du mortier au malaxeur, c'est d'abord changer d'échelle. La recette que tout le monde connaît — un sac de ciment, sept seaux de sable — est une gâchée de bétonnière : plus de 150 kg, près de 80 litres de mortier. Un malaxeur à un fouet en brasse de 11 à 27 litres selon le diamètre de son fouet. Voici le dosage ramené au seau de sable, la gâchée qui convient à chaque fouet, l'ordre dans lequel verser l'eau, le ciment et le sable, et les trois gestes qui disent si le mortier est prêt à monter un mur.

14 min de lecture
Mortier de ciment gris fraîchement gâché dans un bac à gâcher noir, traversé d'un sillon aux bords nets, avec une truelle de maçon posée sur le bord du bac et chargée d'un mortier ferme qui garde sa forme

Le matériel à prévoir

  • Un malaxeur à deux vitesses

    La première vitesse, entre 300 et 500 tr/min, est celle du mortier : Collomix réserve 300 à 400 tr/min aux mélanges lourds et fermes, comme le béton ou la chape. Un mélangeur à peinture à une seule vitesse tourne trop vite et brasse de l'air dans le mélange.

  • Un fouet à hélice pour mortier

    L'hélice remonte le mélange du fond vers la surface : c'est elle qui va chercher le ciment et le sable déposés au fond du bac. Son diamètre fixe la gâchée — 15 à 25 kg pour un 120 mm, 25 à 35 kg pour un 140 mm, jusqu'à 60 kg pour un 160 mm à trois hélices.

  • Un bac à gâcher d'un tiers plus grand que la gâchée

    Collomix conseille un récipient d'environ un tiers plus grand que la quantité mélangée, sinon le fouet projette par-dessus bord. Un seau de 20 litres suffit pour un seau de sable, un bac de 40 litres pour un seau et demi à deux et demi. Un bac en caoutchouc noir encaisse le fouet ; un seau de peinture vide se fend.

  • Deux seaux de 10 litres

    Un pour le sable, un pour l'eau, les mêmes toute la journée. Vérifiez la graduation : beaucoup de seaux de maçon dépassent 10 litres à ras bord, et chaque litre de sable en trop par seau fausse le dosage.

  • Un pot à ciment marqué, et un pèse-personne pour le marquer

    Un pot ou un petit seau dans lequel on a pesé une fois le ciment de la gâchée — 3,5 kg par seau de sable — et tracé le niveau au marqueur. Pour la pesée, on se pèse le pot à la main, puis sans.

  • Une truelle

    Pour racler les bords du bac pendant le malaxage, puis pour les deux tests de consistance : le sillon tracé dans le mortier et la charge sur la truelle retournée.

  • Des lunettes de protection et des gants nitrile doublés

    Le ciment peut causer de graves lésions des yeux, et un fouet qui accroche le fond projette. Vicat demande des lunettes de protection, homologuées ou étanches, pour le ciment sec comme gâché, des gants en nitrile ou en néoprène doublés de coton, manches et col fermés.

  • Un masque FFP2facultatif

    Pour verser le ciment à l'intérieur ou par vent : la poudre peut irriter les voies respiratoires, et Vicat recommande un FFP2 dès que la poussière s'élève.

  • Un seau d'eau claire

    Pour rincer le fouet dès la gâchée vidée. Du mortier durci sur l'hélice la déséquilibre et fait vibrer la machine.

Pas à pas

  1. 01Choisir la gâchée d'après le fouet, pas d'après le sac

    La recette de référence est celle que Vicat imprime pour son ciment de travaux courants : un sac de 25 kg pour sept seaux de 10 litres de sable et environ 11 litres d'eau, soit 350 kg de ciment par mètre cube de sable. Ramenée à un seau de sable, elle donne 3,5 kg de ciment et environ 1,6 litre d'eau. Au malaxeur, on gâche un nombre de seaux adapté au fouet : un seau avec un fouet de 120 mm, un seau et demi avec un 140 mm, deux seaux et demi avec un 160 mm. Un seau de sable pèse près de 17 kg ; ces trois gâchées pèsent donc 22, 33 et 55 kg, dans les plages que Collomix donne pour ces diamètres (15 à 25, 25 à 35 et 30 à 60 kg). À 2 kg le litre de mortier frais, cela fait environ 11, 16 et 27 litres.

    Le piège : Un sac de 25 kg avec ses sept seaux de sable et ses 11 litres d'eau pèse plus de 150 kg, près de 80 litres de mortier : bien au-delà des 60 kg d'un fouet de 160 mm. Le mélange tourne autour de l'hélice sans passer dedans. Le sac entier, c'est la bétonnière.

  2. 02Préparer une mesure de ciment pour la journée

    « Un volume de ciment pour trois volumes de sable » est la règle courante, et elle est d'autant moins précise qu'on tasse le ciment : Vicat donne à son ciment en vrac une masse de 0,9 à 1,5 kg par litre, et une poudre versée pèse moins que la même poudre tassée. Un seau de ciment pour trois seaux de sable, c'est donc de 300 à 500 kg de ciment par mètre cube de sable. Pesez une fois la dose de votre gâchée — 3,5 kg pour un seau de sable, 5,25 kg pour un seau et demi, 8,75 kg pour deux et demi —, tracez le niveau au marqueur dans le pot, puis remplissez-le toujours de la même façon : la poudre versée, jamais tapotée.

    Le piège : Un pot secoué pour « faire la mesure » peut dépasser la dose de moitié, bien au-delà de la fourchette du DTU 20.1 pour les blocs béton : 300 à 350 kg de ciment par mètre cube de sable. Le dosage est une fourchette, pas un minimum à dépasser.

  3. 03Verser les deux tiers de l'eau dans le bac

    L'eau d'abord : c'est l'ordre que Collomix donne pour le gâchage au fouet dans un seau ou un bac. Versez les deux tiers de l'eau prévue — environ 1 litre par seau de sable, 1,6 litre pour une gâchée d'un seau et demi — et gardez le reste à côté, dans un récipient gradué. Le sable de chantier apporte sa propre eau : sorti d'un tas humide, il en contient déjà une partie, et la gâchée en demande souvent moins que prévu.

    Le piège : La poudre versée la première se colle au fond et dans les angles, là où l'hélice ne passe pas : on la retrouve en poche sèche au moment de vider le bac, quand il est trop tard pour la mélanger.

  4. 04Ajouter le ciment, fouet en marche en première vitesse

    Plongez le fouet dans l'eau, démarrez en première vitesse, puis versez le ciment en pluie. Le ciment et l'eau d'abord, le sable ensuite : le ciment se disperse entièrement dans l'eau et forme une pâte grise lisse avant qu'aucun grain de sable ne vienne l'enfermer en grumeaux. Versez le pot bas, près de la surface : c'est à ce moment que la poudre s'envole.

    Le piège : Un fouet posé au fond avant le démarrage accroche, tord les poignets et fait gicler le contenu du bac. On démarre fouet immergé, on tient la machine à deux mains, et on ne sort jamais l'hélice du mélange tant qu'elle tourne.

  5. 05Incorporer le sable seau par seau

    Versez le sable progressivement, en promenant le fouet du fond vers les bords et dans les angles du bac. Le mélange s'épaissit à chaque apport ; s'il freine franchement le fouet, ajoutez un peu de l'eau gardée de côté plutôt que de forcer la machine. Raclez les parois à la truelle une ou deux fois : le sable resté collé au bord n'est jamais passé dans l'hélice.

  6. 06Finir l'eau petit à petit, puis malaxer jusqu'à un mélange uniforme

    Le reste de l'eau s'ajoute un quart de litre à la fois, en laissant tourner le fouet entre deux ajouts : un mortier passe de trop ferme à trop mou en très peu d'eau. Vicat demande de malaxer son mortier plus de trois minutes, à la bétonnière de préférence. Au malaxeur, on s'arrête quand la couleur est uniforme, sans grumeau ni poche sèche au fond, en restant en première vitesse : la seconde est faite pour les liquides et emprisonne de l'air dans un mortier.

    Le piège : L'eau en trop réduit la résistance du mortier et le fait fissurer en séchant, et elle ne se retire plus. Un mortier trop mou se rattrape en ajoutant sable et ciment dans les proportions de la recette : la gâchée grossit d'autant, vérifiez qu'elle reste dans la plage du fouet.

  7. 07Vérifier la consistance avant de poser le premier bloc

    Trois contrôles, dans l'ordre. Dans le bac, aucune pellicule d'eau en surface et aucun grumeau. À la truelle, un sillon tracé avec la tranche garde des bords nets, sans s'affaisser ni s'émietter ; une charge prise sur la truelle y reste accrochée quand on la retourne. Au mur enfin, le test qui décide : posé sur son lit de mortier, le parpaing descend au cordeau en quelques petits coups de manche de truelle, et le joint horizontal finit entre 10 et 15 mm d'épaisseur.

    Le piège : Si le bloc s'enfonce tout seul et que le mortier coule sur sa face, le mortier est trop mou ; s'il faut frapper fort et que le joint reste épais, il est trop ferme. Corrigez la gâchée suivante, pas le bac entamé.

  8. 08Gâcher au rythme de la pose, et rincer entre deux gâchées

    Gâchez ce que vous posez en une heure. Les mortiers prêts à gâcher de PRB et de Parex annoncent environ deux heures d'utilisation à 20 °C, moins par temps chaud, et un mortier qui a commencé à tirer ne se rattrape pas en lui rajoutant de l'eau : Collomix le déconseille, et c'est la résistance du joint qui paie. Dès le bac vidé, faites tourner le fouet quelques secondes dans le seau d'eau claire, puis rincez le bac avant la gâchée suivante.

Faire du mortier au malaxeur : ce qui change selon le sac et l'ouvrage

La méthode reste la même : l'eau, le liant, le sable, puis le reste de l'eau. Ce qui change, c'est la dose de liant par seau de sable, que le DTU 20.1 fixe selon ce que l'on monte, et l'eau, quand le sac arrive déjà dosé.

Un sac de mortier prêt à gâcher

Rien à ajouter : le mélange est dosé en usine — PRB annonce 350 kg de ciment par mètre cube de sable sec pour son mortier de montage, et Parex interdit tout ajout de liant dans son mortier bâtard. L'eau est imprimée sur le sac : 3 à 3,6 litres pour 30 kg chez PRB, 3,5 litres pour 25 kg chez Parex. Même ordre : deux tiers de l'eau, puis la poudre, puis le reste. Un sac de 25 kg est la limite haute d'un fouet de 120 mm ; prenez un 140 mm pour le gâcher en une fois.

Des briques de terre cuite

Le DTU 20.1 admet 300 à 400 kg de ciment par mètre cube de sable pour la brique, soit 3 à 4 kg par seau, et au moins 400 kg — 4 kg par seau — dès trois niveaux ou pour de petits éléments. Une brique très absorbante boit l'eau du mortier avant la prise : humidifiez-la par temps chaud, ensoleillé ou venté, sans la détremper.

Un sac de ciment à maçonner

Le sac porte la mention « ciment à maçonner » et une classe MC 12,5 à MC 22,5, contre 32,5 pour un ciment courant : c'est un liant moins résistant, que le DTU dose plus fort — 350 à 450 kg par mètre cube de sable pour les blocs béton, soit 3,5 à 4,5 kg par seau. Le pot marqué pour le ciment courant ne vaut pas pour lui.

Un mortier bâtard à la chaux

Une partie du ciment est remplacée par de la chaux hydraulique naturelle (NHL). Pour des blocs béton, le DTU donne 100 à 150 kg de ciment et 250 à 300 kg de NHL par mètre cube de sable : 1 à 1,5 kg de ciment et 2,5 à 3 kg de chaux par seau. Le bâtard ne se fait qu'avec un ciment CEM I ou CEM II, jamais avec une chaux HL, et c'est celui que le DTU impose pour la pierre naturelle. Les deux liants vont ensemble dans l'eau, avant le sable.

L'arase étanche en pied de mur

La coupure de capillarité — le lit qui empêche l'humidité du sol de remonter dans le mur — demande un mortier bien plus riche : 500 à 600 kg de ciment par mètre cube de sable, 5 à 6 kg par seau, avec un hydrofuge de masse. L'hydrofuge se dose et s'incorpore comme l'indique son fabricant : un produit liquide se dilue en général dans l'eau de gâchage, avant le ciment.

Par temps chaud ou froid

Vicat borne l'emploi de son ciment entre +5 et +30 °C, PRB et Parex celui de leurs mortiers entre +5 et +35 °C, et Parex exclut la pose si le gel est à craindre dans les 24 heures. Par temps chaud, la durée d'utilisation raccourcit : gâchez plus petit, humidifiez les blocs très secs et protégez le mur monté du soleil direct.

Les erreurs à éviter

  1. 01Rafraîchir à l'eau un mortier qui a commencé à tirer

    Un mortier qui raidit dans le bac a commencé sa prise. Lui rajouter de l'eau le rend de nouveau maniable, mais pas de nouveau solide : Collomix déconseille tout ajout d'eau à un mortier déjà gâché. Le reste du bac part au rebut, et la gâchée suivante se fait plus petite.

  2. 02Régler l'eau au litre près avec un sable mouillé

    Les 1,6 litre d'eau par seau sont une valeur de départ, pas une consigne. Un sable humide gonfle : le même seau en contient moins, et il apporte déjà une partie de l'eau. Après une nuit de pluie sur le tas, la même recette donne un mortier plus mou. Couvrez le tas de sable, et réglez l'eau sur la consistance, jamais sur le chiffre.

  3. 03Prendre le premier sable venu

    Le DTU 20.1 demande un sable 0/2 ou 0/4, c'est-à-dire des grains de 0 à 2 ou 4 mm, avec au plus 5 % de fines, propre, et exclut le sable de mer. Un sable de terrassement ou de jardin, terreux ou argileux, n'a pas la propreté exigée ; un sable chargé de gravillons, lui, empêche de serrer le joint à 10 mm.

  4. 04Ajouter du plâtre pour que ça prenne plus vite

    Le DTU 20.1 est explicite : le plâtre ne se mélange jamais sur le chantier avec du ciment ni avec de la chaux hydraulique. Pour un scellement qui doit tenir vite, le DTU prévoit le ciment prompt naturel, et les mortiers de scellement à prise rapide existent pour cela ; le plâtre, lui, se gâche seul et dans un bac à part.

  5. 05Changer de seau, de pot ou de tas en cours de journée

    Tout le dosage repose sur des mesures constantes. Un seau de 12 litres à la place du seau de 10, un pot à ciment neuf non marqué, un tas de sable sec entamé après un tas humide : chaque changement déplace la recette. Gardez les mêmes récipients toute la journée, et refaites la pesée du pot si vous changez de ciment.

Questions fréquentes

Combien de seaux de sable pour un sac de ciment ?
Pour un mortier de montage à 350 kg de ciment par mètre cube de sable, Vicat indique 7 seaux de 10 litres de sable et environ 11 litres d'eau pour un sac de 25 kg, 10 seaux et environ 17 litres pour un sac de 35 kg. C'est une gâchée de bétonnière. Au malaxeur, on garde la même proportion ramenée au seau : 3,5 kg de ciment et environ 1,6 litre d'eau par seau de sable.
Quelle quantité d'eau mettre dans un mortier ?
Pour un mortier de chantier, environ 1,6 litre par seau de 10 litres de sable, soit 11 litres pour un sac de ciment de 25 kg selon Vicat — un point de départ, que l'humidité du sable fait varier. Pour un mortier prêt à gâcher, la quantité est imprimée sur le sac : PRB donne 3 à 3,6 litres pour 30 kg, Parex 3,5 litres pour 25 kg. Dans les deux cas, on verse d'abord les deux tiers de l'eau et l'on finit par petites quantités jusqu'à la bonne consistance.
Quel ciment et quel sable pour monter des parpaings ?
Un ciment courant de classe 32,5 convient : celui que Vicat vend pour les travaux courants, en sacs de 25 et 35 kg, est un CEM II/B 32,5 R. Le DTU 20.1 admet aussi les CEM I, CEM III/A, CEM V/A et le ciment à maçonner, ce dernier plus dosé. Le sable est un 0/2 ou un 0/4 propre, avec au plus 5 % de fines, jamais un sable de mer.
Combien de temps un mortier gâché reste-t-il utilisable ?
Les mortiers de montage prêts à gâcher de PRB et de Parex annoncent environ deux heures à 20 °C, et moins par temps chaud. Au-delà, le mortier a commencé sa prise : il ne se rattrape pas en lui rajoutant de l'eau. Le plus simple est de ne gâcher que ce que l'on pose en une heure.
Combien de parpaings monte une gâchée de malaxeur ?
Un mur en parpaings de 20 cm compte cinq rangs au mètre carré, soit un mètre carré de lit de pose : à 1 cm d'épaisseur, 10 litres de mortier. La gâchée d'un fouet de 140 mm, environ 16 litres, garnit donc en théorie un mètre carré et demi, une quinzaine de parpaings, mortier étalé sur toute la largeur du bloc. En pratique un peu moins : le mortier qui tombe, les joints plus épais et les joints verticaux remplis en prennent leur part.
Mortier, ciment, béton : quelle différence ?
Le ciment est la poudre qui fait prise avec l'eau : c'est le liant. Le mortier est un mélange de ciment, de sable et d'eau, qui sert à monter, à jointoyer et à enduire. Le béton y ajoute des gravillons et sert à couler : dalle, semelle, poteau. Faire du mortier au malaxeur se fait sans difficulté ; le béton, plus lourd, demande un fouet dédié et reste raisonnable par sac.

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