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Outillage du couvreur charpentier : la panoplie complète, dans l'ordre où on l'achète

Un couvreur ne travaille pas dans un atelier ni même sur un plancher : il travaille sur un plan incliné, à cinq mètres du sol, avec ce qu'il a monté avec lui. Sa panoplie se lit donc dans cet ordre — d'abord de quoi monter et tenir, ensuite de quoi couper le bois, enfin de quoi couvrir et étancher. Et le poste le plus lourd du métier n'est pas un outil : c'est l'accès au toit. Voici les deux panoplies, charpente et couverture, avec le prix de chacun au 3 septembre 2026.

16 min de lecture
Outils de couvreur alignés sur des liteaux de toiture devant une pile d'ardoises et une tuile en terre cuite : marteau de couvreur, enclumette, cisaille à tôle, équerre de charpentier, cordeau traceur et sangle de harnais

La panoplie, dans l'ordre où on l'achète

Chaque poste renvoie vers son comparatif dédié quand il existe.

1. Monter sur le toit, et pouvoir y rester

  • Harnais antichuteIndispensable

    Le premier achat du métier, avant toute machine. Un harnais d'antichute (EN 361) se reconnaît à son anneau dorsal : c'est lui qui reprend l'effort de la chute, dos droit, et pas la ceinture. Il s'ajuste à la personne qui le porte, ce qui interdit de le partager entre deux compagnons sans le régler à chaque fois.

    Budget : 50 à 95 €

  • Antichute à rappel automatique ou longe avec absorbeurIndispensable

    Le harnais ne sert à rien sans ce qui le relie au point d'ancrage. L'enrouleur à rappel automatique garde le mou à zéro et laisse circuler sur le rampant ; la longe avec absorbeur d'énergie est plus simple, mais impose de compter le tirant d'air sous les pieds avant de s'attacher.

    Budget : 53 à 105 €

  • Échelle de toit à crochet de faîtageIndispensable

    Une échelle posée sur des tuiles glisse et casse la couverture. L'échelle de toit se crochète sur le faîtage et répartit le poids sur les liteaux : c'est le seul chemin admissible sur un rampant. On la choisit à l'écartement de barreaux du chantier — plus court, plus fatigant, mais plus sûr sur forte pente.

    Budget : 190 à 330 € l'échelle plate bois de 4 à 5 m ; jusqu'à 1 245 € les modèles aluminium de 6 m

  • Crochet de faîtage seulUtile

    Pour transformer une échelle simple déjà possédée en échelle de toit, ou pour remplacer un crochet fatigué. Le crochet à roues se monte à plat, roule sur la couverture jusqu'au faîtage et bascule ensuite : c'est ce détail qui évite de racler les tuiles à la montée.

    Budget : 52 à 72 €

  • Casque de chantier à jugulaireIndispensable

    En hauteur, un casque sans jugulaire tombe avant vous. La jugulaire à trois ou quatre points est ce qui distingue un casque de couvreur d'un casque de chantier ordinaire, et elle doit se libérer sous traction pour ne pas devenir un lien d'étranglement.

    Budget : 23 à 68 €

  • Chaussures de sécurité montantesIndispensable

    Sur un rampant, c'est l'adhérence de la semelle et le maintien de la cheville qui comptent, plus que la coquille. Une semelle usée sur tuile mouillée est un risque quotidien : ce sont les EPI qui se remplacent le plus souvent, bien avant qu'ils ne soient troués.

    Budget : 38 à 104 €

2. Approvisionner le toit et déposer l'existant

  • Sangles à cliquetIndispensable

    Arrimer les bois sur le camion, ceinturer un paquet de liteaux avant de le monter, tenir une charge sur le rampant le temps de la répartir. Deux longueurs suffisent, à condition de lire la charge admissible imprimée sur l'étiquette : une sangle d'arrimage n'est pas une sangle de levage.

    Budget : 16 à 37 €

  • Pied-de-bicheIndispensable

    La dépose commence par lui : arracher un liteau cloué, décoller une volige, soulever une rive scellée. Un modèle long fait levier sans forcer sur le poignet, et son talon plat évite d'enfoncer la pièce voisine qu'on veut conserver.

    Budget : 17 à 50 €

  • Scie sabreUtile

    Elle coupe ce qu'on ne peut pas démonter : un chevron pourri en place, des pointes noyées entre deux bois, un about de panne contre un mur. C'est l'outil de dépose par excellence, avec une lame bimétal pour le bois cloué — celle qui ne s'ébrèche pas sur les clous.

    Budget : 57 à 167 €

  • Sac ou caisse à outilsIndispensable

    Tout ce qui monte au toit monte à la main, souvent par une échelle. Un sac à fond rigide et à ouverture large fait gagner plus de temps qu'une machine de plus, parce qu'il évite le second aller-retour — celui pendant lequel on ne travaille pas.

    Budget : 28 à 69 €

3. Tracer et couper la charpente

  • Mètre ruban 5 mIndispensable

    En charpente, la cote se prend sur l'ouvrage existant, jamais sur le plan : un mur d'appui n'est ni droit ni de niveau, et c'est l'écart réel qui donne la longueur du chevron. Un ruban à crochet mobile compense l'épaisseur du crochet en intérieur comme en extérieur — l'erreur de 1 mm à chaque prise se voit sur une ferme.

    Budget : 10 à 21 €

  • Cordeau traceurIndispensable

    L'outil qui trace ce que la règle ne peut pas : la ligne de liteaunage sur toute la longueur d'un versant, l'alignement d'un rang d'ardoises, l'arase d'une volige. La poudre bleue tient à la pluie et se voit mal après coup ; la rouge tient encore mieux et ne s'efface plus du tout — à réserver à ce qui sera couvert.

    Budget : 13 à 28 €

  • Équerre de charpentier et fausse équerreIndispensable

    L'équerre triangulaire trace la coupe d'about et sert de guide à la scie circulaire ; la fausse équerre relève l'angle réel d'une arêtière ou d'un noulet. Sur une toiture, rien n'est à 90° : c'est l'angle relevé sur l'ouvrage qui décide de la coupe, pas celui du plan.

    Budget : 14 à 27 €

  • Scie circulaire de grande capacitéIndispensable

    La machine centrale de la charpente. Une lame de 190 mm passe un chevron en une descente ; une 235 mm attaque une panne. Le réglage qui compte n'est pas la puissance mais l'inclinaison du sabot, parce qu'en charpente presque toutes les coupes sont biaises.

    Budget : 85 à 218 €

  • TronçonneuseUtile

    Pour ce que la scie circulaire ne traverse pas : une panne de forte section, un about d'arbalétrier, une dépose de charpente. Elle sert aussi au dessus des sections que la circulaire n'atteint qu'en deux passes — et deux passes sur un bois porteur, c'est un trait qui ne se rejoint jamais parfaitement.

    Budget : 82 à 179 €

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  • Ciseaux à boisIndispensable

    L'assemblage traditionnel — tenon, mortaise, embrèvement — se termine toujours à la main, et une reprise d'entaille au ciseau vaut mieux qu'une cale ajoutée. Un jeu de quatre largeurs suffit, à condition de les garder affûtés : un ciseau émoussé arrache les fibres au lieu de les trancher.

    Budget : 18 à 72 € selon jeu ou unité

4. Percer, visser, clouer la charpente

5. Couvrir : ardoise, tuile, liteau

  • Marteau de couvreurIndispensable

    L'outil signature du métier, et le seul qui existe en version droitier et gaucher — sa panne latérale coupe l'ardoise du bon côté selon la main qui le tient. Il perce, il taille, il cloue et il arrache : un marteau de menuisier ne fait aucun des trois premiers.

    Budget : 30 à 78 €

  • Enclumette d'ardoisierIndispensable

    Elle se plante dans le bois du chevalet ou du liteau et sert d'appui pour tailler l'ardoise au marteau. C'est le couple enclumette-marteau qui donne le chant biseauté propre à la pose à recouvrement — celui qui laisse l'eau glisser au lieu de remonter par capillarité.

    Budget : 24 à 43 €, sur une offre étroite

  • Pince à découper et poinçonner l'ardoiseIndispensable

    Elle coupe l'ardoise à la ligne et perce le trou de clou ou de crochet dans le même mouvement, sans poussière et sans échauffement. Le trou poinçonné se fait toujours par la face vue vers l'arrière : l'éclat en sortie forme le fraisage naturel dans lequel la tête de clou vient se loger.

    Budget : 50 à 87 €

  • Ripoir (tire-clou d'ardoisier)Indispensable

    L'outil de la réparation ponctuelle : il se glisse sous une ardoise cassée, accroche le clou qui la retient et le sectionne ou l'arrache sans déposer les rangs au-dessus. Sans lui, remplacer une seule ardoise oblige à en découvrir dix.

    Budget : 29 à 37 €, sur une offre étroite

  • Meuleuse 125 mmIndispensable

    Pour les coupes que la pince ne fait pas : tuile béton, rive, about de faîtière, et toute la découpe sur mesure autour d'une souche. On coupe avec captation d'eau ou aspiration — la poussière de coupe des matériaux de couverture contient de la silice cristalline.

    Budget : 35 à 124 €

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  • Disque diamantIndispensable

    Un disque de segmentation adapté au matériau — béton, terre cuite, ardoise — coupe plus vite et surtout plus froid qu'un disque universel. Un disque qui chauffe brûle le chant de la tuile et laisse une trace claire qui restera visible sur la couverture.

    Budget : 20 à 41 €

6. Zinguerie et étanchéité

  • Cisaille à tôleIndispensable

    Le zinc se coupe à la cisaille, jamais à la meuleuse : le disque chauffe le métal, le déforme et brûle son revêtement. Un jeu de trois — coupe droite, à droite, à gauche — couvre les découpes de noue, de solin et de descente ; la version démultipliée fatigue beaucoup moins la main sur une journée.

    Budget : 18 à 51 € à main, 50 à 105 € en électrique ou grignoteuse

  • Pince à border (pince de zingueur)Indispensable

    Elle plie et rabat le zinc là où la plieuse ne va pas : ourlet de rive, bord tombé d'une bavette, agrafe de jonction. Les modèles à 45° et 90° avec mâchoire large de 60 mm font un pli net d'un seul geste — un pli repris deux fois marque le métal et se fend à la longue.

    Budget : 20 à 55 €

  • Fer à souder de couvreurIndispensable

    Le zinc s'assemble à l'étain, avec un fer à panne cuivre chauffé au gaz — la panne stocke la chaleur et la restitue le long du joint, ce qu'aucun fer d'électronicien ne sait faire. On décape avant de souder : sur un zinc oxydé, la soudure perle et ne prend pas.

    Budget : 51 à 187 €, sur une offre étroite

  • Pistolet à masticIndispensable

    Les solins, les jonctions de rive et les raccords sur maçonnerie se ferment au mastic de zinguerie ou au polyuréthane. Un modèle à squelette et fort rapport de démultiplication pousse une cartouche épaisse sans fatiguer la main, et son anti-goutte évite la bavure en fin de cordon — celle qui se voit depuis la rue.

    Budget : 14 à 30 €

7. Se protéger au poste de travail

  • Gants de chantierIndispensable

    Le zinc coupé est tranchant, l'ardoise ébrèche, la tuile râpe. Un gant enduit qui garde la préhension sur un matériau mouillé se remplace souvent : un gant usé glisse, et sur un rampant c'est la prise qui compte.

    Budget : 11 à 18 €

  • Lunettes de protectionIndispensable

    La taille de l'ardoise projette des éclats à hauteur de visage, et la meuleuse en projette bien davantage. Le risque n'est pas continu, il est instantané : c'est exactement pourquoi on ne les retire pas entre deux coupes.

    Budget : 11 à 18 €

  • Masque FFP3Indispensable

    La découpe des tuiles et des ardoises libère de la silice cristalline, classée cancérogène pour le poumon. Le masque complète la coupe à l'eau ou l'aspiration à la source, il ne les remplace pas — et il ne sert à rien s'il est porté sur une barbe de trois jours, qui rompt l'étanchéité au visage.

    Budget : 20 à 34 € la boîte

  • Casque anti-bruitIndispensable

    La scie circulaire et la meuleuse dépassent largement le seuil au-delà duquel l'exposition se compte en minutes. En couverture, le bruit se réfléchit sur le rampant et sur les murs voisins : on l'entend moins fort qu'on ne le reçoit.

    Budget : 16 à 54 €

  • GenouillèresIndispensable

    Le couvreur travaille à genoux sur des liteaux ou des tuiles, c'est-à-dire sur des arêtes. C'est un outil de travail au même titre que le marteau, et le premier poste que les compagnons expérimentés conseillent de ne pas rogner.

    Budget : 16 à 30 €

Combien coûte la panoplie

Monter et se protéger

≈ 680 €

Harnais, antichute à rappel automatique, échelle de toit avec son crochet, casque à jugulaire, chaussures montantes, gants, lunettes, masque FFP3, casque anti-bruit, genouillères et sac à outils. Somme des prix médians ; l'échafaudage et le monte-matériaux ne sont pas comptés, ils se louent.

Charpente

≈ 615 €

Mètre, cordeau, équerre de charpentier, scie circulaire de grande capacité, ciseaux à bois, perceuse-visseuse, perforateur, mèches longues et serre-joints. Tronçonneuse, visseuse à choc, cloueur et scie sabre exclus : ce sont des achats de deuxième temps.

Couverture et zinguerie

≈ 445 €

Marteau de couvreur, enclumette, pince à ardoise, ripoir, meuleuse et son disque diamant, cisaille à tôle, pince à border, fer à souder de couvreur et pistolet à mastic. C'est le poste le plus léger de la liste, et celui qui définit le métier.

Ce qui se loue plutôt que s'achète

L'échafaudage, les garde-corps périphériques et la plateforme de travail

Louer

La protection collective passe avant l'équipement individuel : c'est l'échafaudage qui protège tout le monde en même temps, y compris celui qui ne s'est pas encore attaché. Il coûte cher à l'achat, se stocke mal, exige un montage par du personnel formé et une vérification à chaque remontage. Sur un chantier de couverture qui dure quelques jours, il se loue monté — et la ligne « accès » d'un devis pèse souvent plus lourd que toute la panoplie décrite ici.

Le monte-matériaux et le monte-tuiles

Louer

Il évite de monter les charges à l'épaule par l'échelle, ce qui est à la fois le geste le plus fatigant et le plus dangereux de la journée. Mais il ne sert que pendant la phase d'approvisionnement, deux ou trois jours par chantier : à l'achat, il dort onze mois sur douze dans le dépôt et immobilise plus de trésorerie que la charpente entière.

Le harnais et l'antichute

Acheter neuf

C'est l'exception absolue de la liste : un EPI antichute ne se loue pas et ne s'achète pas d'occasion. Rien ne dit à l'œil qu'un harnais a déjà arrêté une chute — les coutures d'absorbeur se déchirent en amortissant, et une sangle qui a pris un choc ou un produit chimique ne se voit pas. On achète neuf, on garde l'étiquette avec la date de fabrication, et on fait vérifier tous les douze mois.

L'échelle de toit

Acheter

Elle sert sur tous les chantiers, y compris pour la simple visite de diagnostic ou le remplacement d'une ardoise. À 190 à 330 € pour un modèle bois de 4 à 5 m, elle est amortie en quelques interventions — et c'est le matériel qui évite de marcher sur une couverture qu'on est venu réparer.

Le cloueur de charpente

Arbitrer

Sur une charpente neuve ou un liteaunage complet, il fait gagner des heures ; sur de la rénovation ponctuelle, il reste dans le camion. Le modèle à gaz est autonome mais consomme une cartouche par millier de clous ; le pneumatique coûte moins cher mais impose de monter compresseur et tuyau. Tant que les grandes séries sont l'exception, il se loue avec ses consommables.

La plieuse de zinguerie et la profileuse

Louer

Une plieuse d'établi de 2 ou 3 m fait des ourlets et des bavettes en série que la pince à border ne fera jamais aussi droits. Mais elle occupe un atelier à elle seule, et le couvreur qui plie deux bavettes par semaine les fait faire chez son fournisseur de zinc — souvent au pli, pour le prix d'un aller-retour.

Les erreurs qui coûtent cher

  1. 01Acheter un harnais d'occasion, ou en garder un sans date

    Un harnais qui a déjà arrêté une chute est mort, et rien ne se voit de l'extérieur : l'absorbeur d'énergie se déchire en amortissant, et une sangle attaquée par un solvant ou l'UV perd sa résistance sans changer d'aspect. L'occasion n'a aucune traçabilité, donc aucune valeur. On achète neuf, on conserve l'étiquette de fabrication, on respecte la durée de vie donnée par le fabricant, et on fait vérifier l'ensemble par une personne compétente tous les douze mois.

  2. 02S'attacher à ce qui ne tient pas

    Une souche de cheminée, un pied d'antenne, un conduit de ventilation ou une lucarne ne sont pas des points d'ancrage : ils tiennent leur propre poids, pas une charge d'arrêt de chute. Le point d'ancrage doit être conçu et vérifié pour ça — potelet, ligne de vie, ancrage structurel. Un harnais parfaitement porté, relié à une souche, donne exactement l'assurance qu'il ne faut pas avoir.

  3. 03Travailler depuis l'échelle au lieu d'y accéder

    Le Code du travail est explicite : les échelles sont des moyens d'accès, pas des postes de travail (article R. 4323-63). L'exception — impossibilité technique de recourir à un équipement protecteur, travaux de courte durée et à faible risque — est étroite, et c'est celle qu'on s'accorde trop souvent en fin de journée. Trois quarts d'heure de rive posés en équilibre sur un barreau, c'est exactement la situation qui remplit les statistiques d'accidents du bâtiment.

  4. 04Couper l'ardoise à la meuleuse

    C'est plus rapide, et c'est visible depuis la rue : le disque brûle le chant, laisse une trace claire et supprime le biseau qui fait glisser l'eau. Surtout, la découpe à sec libère de la silice cristalline, classée cancérogène pour le poumon. La pince à découper et poinçonner fait la coupe et le trou d'un seul geste, sans poussière — et l'enclumette avec le marteau donne le biseau que le disque ne donnera jamais.

  5. 05Attaquer une plaque en fibrociment posée avant 1997

    Les plaques ondulées d'avant l'interdiction de l'amiante, effective en France au 1er janvier 1997, en contiennent presque toujours. Les percer, les découper, les frotter ou marcher dessus libère des fibres, et ces travaux relèvent d'entreprises certifiées et de protocoles précis. La bonne réaction sur le chantier est de s'arrêter et de faire repérer avant, pas de faire vite en retenant sa respiration.

  6. 06Marcher directement sur la couverture

    Une tuile cassée sous le pied, c'est une fuite en dessous ; une plaque en fibrociment ou en polycarbonate ne supporte pas le poids d'un homme et cède d'un coup, sans prévenir. On circule sur l'échelle de toit ou sur des planches de répartition posées en travers des liteaux — jamais sur le matériau lui-même, même pour trois mètres, même pour aller vite.

  7. 07Poser du cuivre en amont du zinc

    L'eau qui a ruisselé sur du cuivre attaque le zinc qu'elle rencontre ensuite : une gouttière en zinc sous une couverture ou un solin en cuivre se perce en quelques années, sans que rien ne se voie au montage. La règle tient en une phrase : le cuivre ne se place jamais au-dessus du zinc dans le sens de l'écoulement — dans l'autre sens, il n'y a pas de problème.

  8. 08Souder ou plier le zinc sans tenir compte de la température

    Le zinc devient cassant au froid : plié en dessous d'une dizaine de degrés, il se fend à l'ourlet, et le défaut n'apparaît parfois qu'à la première dilatation. On préchauffe la pièce ou on plie à l'abri. Côté soudure, un zinc oxydé ne prend pas l'étain : on décape avant, et on chauffe avec un fer à panne cuivre plutôt qu'à la flamme directe, qui déforme la tôle bien avant que le joint ne coule.

  9. 09Oublier la dilatation du zinc dans les longueurs

    Une bande de zinc de plusieurs mètres bouge à chaque cycle jour-nuit. Fixée de bout en bout par des pattes rigides, elle gondole puis se fissure aux points durs. On respecte les longueurs entre joints de dilatation et on laisse aux pattes le jeu qu'elles doivent avoir : le zinc doit pouvoir glisser, c'est ce mouvement-là qui garde la couverture étanche.

Questions fréquentes

Quelle différence entre l'outillage du charpentier et celui du couvreur ?
Le charpentier travaille le bois : il trace, coupe et assemble la structure, avec une scie circulaire de grande capacité, une équerre de charpentier, des ciseaux à bois, des mèches longues et de quoi visser dans de fortes sections. Le couvreur travaille ce qui se pose dessus : ardoise, tuile, zinc — donc marteau de couvreur, enclumette, pince à ardoise, cisailles et fer à souder. Beaucoup d'entreprises font les deux, et c'est précisément pour ça qu'un camion de couvreur contient deux panoplies distinctes, achetées à des moments différents.
Quel harnais antichute choisir pour travailler sur un toit ?
Un harnais d'antichute complet à anneau dorsal, conforme à la norme EN 361 — c'est cet anneau qui reprend l'effort d'arrêt de chute et maintient le corps droit. Les prix vont de 50 à 95 € pour les kits d'entrée et de milieu de gamme, les modèles des marques d'EPI se situant au-dessus. Le confort compte plus qu'on ne le croit : un harnais qui gêne finit desserré, et un harnais desserré ne protège plus.
Antichute à rappel automatique ou longe avec absorbeur ?
L'enrouleur à rappel automatique suit les déplacements en gardant le mou à zéro : c'est le bon choix sur un rampant où l'on circule. La longe avec absorbeur d'énergie est plus simple et moins chère, mais elle impose de vérifier le tirant d'air — la hauteur libre sous les pieds nécessaire pour que l'absorbeur se déploie sans que l'on touche le sol ou un obstacle. Les deux coûtent entre 53 et 105 €.
À quelle fréquence faut-il vérifier son EPI antichute ?
Une vérification par une personne compétente est due au moins tous les douze mois, en plus du contrôle visuel que l'on fait soi-même avant chaque utilisation : coutures, sangles, boucles, mousquetons, indicateur de chute. Chaque EPI porte sa date de fabrication, et les fabricants fixent une durée de vie maximale — souvent une dizaine d'années pour les composants textiles, moins si l'usage est intensif.
Quelle échelle pour monter sur un toit ?
Une échelle de toit qui se crochète sur le faîtage : ses barreaux répartissent le poids sur les liteaux au lieu de le concentrer sur les tuiles. Comptez 190 à 330 € pour un modèle plat en bois de 4 à 5 m, et jusqu'à 1 245 € pour les échelles aluminium de 6 m. Si vous possédez déjà une échelle simple adaptée, un crochet de faîtage seul se trouve entre 52 et 72 € — les modèles à roues se montent à plat et basculent une fois le faîtage atteint.
Comment couper une ardoise proprement ?
À la pince à découper et poinçonner, qui coupe à la ligne et perce le trou de fixation dans le même mouvement, ou au marteau de couvreur sur l'enclumette pour les coupes ajustées. Dans les deux cas, on travaille par la face vue vers le bas pour que l'éclat en sortie forme le biseau : c'est ce biseau qui fait glisser l'eau et qui distingue une pose de couvreur d'une pose de bricoleur. La meuleuse est à réserver aux matériaux que la pince ne prend pas, avec eau ou aspiration.
À quoi sert l'enclumette du couvreur ?
C'est le petit tas d'acier que l'on plante dans un liteau ou dans le bois du chevalet et qui sert d'appui pour tailler l'ardoise au marteau. La lame de l'enclumette donne l'arête sur laquelle l'ardoise casse net, avec le chant biseauté que demande la pose à recouvrement. Elle existe en version droite et courbée, pour droitier et pour gaucher, et coûte entre 24 et 43 € — un outil de spécialiste, qu'on trouve surtout au négoce couverture.
Marteau de couvreur droitier ou gaucher : quelle différence ?
La panne latérale qui coupe l'ardoise n'est affûtée que d'un côté du marteau. Un modèle droitier coupe correctement quand l'outil est tenu de la main droite, et devient inutilisable pour un gaucher, qui présenterait le mauvais côté à l'ardoise. C'est l'un des rares outils du bâtiment vendus explicitement en deux versions : il faut le préciser à la commande, la mention figure toujours dans la référence.
Quelle scie pour couper de la charpente ?
Une scie circulaire de grande capacité : une lame de 190 mm traverse un chevron en une descente, une 235 mm attaque une panne. Comptez 85 à 218 €. Au-delà des sections que la circulaire ne passe pas d'un trait, on prend la tronçonneuse (82 à 179 €) — deux passes de circulaire sur un bois porteur laissent un décalage qui ne se rattrape pas. La scie sabre, elle, sert à la dépose, pas à la coupe d'ouvrage.
Quel outillage faut-il pour la zinguerie ?
Quatre postes suffisent pour commencer : un jeu de cisailles à tôle — coupe droite, à droite, à gauche — entre 18 et 51 €, une pince à border à 45° ou 90° entre 20 et 55 €, un fer à souder de couvreur à panne cuivre entre 51 et 187 €, et un pistolet à mastic entre 14 et 30 €. La grignoteuse électrique (50 à 105 €) fait gagner du temps sur les longues découpes, mais elle ne remplace pas la cisaille dans les angles.
Comment souder le zinc en toiture ?
À l'étain, avec un fer à panne cuivre chauffé au gaz : la masse de cuivre stocke la chaleur et la restitue régulièrement le long du joint, ce qu'un fer d'électronicien ne peut pas faire. On décape la zone avant de souder — sur un zinc oxydé, la soudure perle et n'accroche pas — et on évite la flamme directe, qui déforme la tôle avant que le joint ne coule. Par temps froid, on préchauffe la pièce.

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