01Lire la cheville avant de tracer quoi que ce soit
Quatre chiffres décident du trou, et ils sont tous sur la boîte ou sur la fiche technique de la cheville : le diamètre du foret, la profondeur de perçage, la distance minimale au bord et l'entraxe minimal entre deux chevilles. Pour une cheville à frapper fischer EA II M8, c'est un foret de 10 mm, 33 mm de profondeur au moins, et 115 mm d'une arête dans une dalle de 10 cm. Pour un goujon FAZ II M8, 40 mm de l'arête suffisent. On trace donc après avoir lu, jamais avant.
Le piège : Le M8 d'une cheville désigne le filetage de sa vis, pas forcément son trou. Une cheville à frapper M8 ou une tige M8 scellée à la résine prennent un foret de 10 mm ; percer à 8 mm « parce que c'est du M8 » donne un trou où la cheville n'entre pas.
02Détecter, puis marquer
Passez le détecteur sur toute la zone, pas seulement sur le point : un câble descend à l'aplomb d'un interrupteur, un tube monte d'un point d'eau, et un fer d'armature court sur toute la longueur d'une poutre. Une fois la place trouvée, marquez le centre d'une croix au crayon, assez longue pour rester visible quand la pointe du foret la cache.
Le piège : Au sol, un plancher chauffant occupe toute la dalle. En cas de doute sur ce qu'il y a dessous, on ne perce pas une chape pour « voir ».
03Amorcer sans laisser le foret patiner
Posez la pointe au centre de la croix, machine déjà dans l'axe, et enfoncez la gâchette doucement. Tant que le foret n'a pas creusé son logement, il cherche à glisser, surtout sur un béton lisse de banche. Quelques tours lents suffisent — ou, sur une surface où la pointe patine, un départ en rotation seule le temps d'entamer la peau du béton — puis on repasse en frappe. Makita résume le geste dans la notice du HR2470 : « Maintenez bien l'outil en position et veillez qu'il ne dérape pas hors du trou. »
Le piège : Un foret SDS-plus qui tourne à vide semble voiler : c'est normal, il est monté avec du jeu. Makita précise que l'outil « se centrera lui-même lors de l'utilisation avec charge ». On juge l'axe du foret en appui, jamais en l'air.
04Tenir l'axe dans les deux plans
Deux mains, toujours : la poignée latérale n'est pas un accessoire, c'est elle qui tient l'axe et qui retient la machine si le foret se bloque. Placez le corps derrière la machine, le coude dans le prolongement du foret. L'axe se contrôle dans deux plans : vu de côté, puis vu de dessus. Une équerre posée contre le mur à côté du foret donne la référence dans l'un, un second regard contrôle l'autre. Makita l'écrit dans ses consignes de sécurité : « Appliquez une pression uniquement en ligne directe avec le foret ».
Le piège : Un trou de travers ne se voit qu'au montage. Sur une tige filetée M10 qui dépasse de 50 mm, 5° d'écart déplacent son extrémité de 4,4 mm. fischer limite à 12 mm le trou de passage de la pièce à fixer pour ce diamètre, soit un millimètre de jeu de chaque côté : la platine ne s'enfile plus sur ses deux tiges.
05Laisser la machine frapper, pas le bras
Sur un perforateur, la frappe vient d'un piston et ne dépend pas de votre appui. Makita demande pour le HR2470 : « Ne forcez pas sur l'outil. Une pression légère vous donnera les meilleurs résultats. » Sur une perceuse à percussion, la frappe n'existe au contraire que si l'on pousse — Bosch l'explique ainsi : « plus vous appuyez, plus le coup est fort » —, mais Makita demande là aussi une « légère pression » pour sa HP1631. Les deux se rejoignent : un appui franc et constant, dans l'axe, jamais le poids du corps.
Le piège : Si le trou n'avance plus, la réponse n'est jamais de pousser davantage. Vérifiez la position du sélecteur : Makita demande la « rotation avec martelage » dans le béton, et un foret qui tourne sans frapper ne fait que chauffer. Si la frappe est bien enclenchée, c'est le foret, un fer d'armature ou la machine qui est en cause.
06Débourrer avant que le trou ne se bouche
Les spires du foret remontent la poussière tant qu'elles ne sont pas pleines. Dans un trou profond, elles saturent, le foret frotte au lieu de couper et la chaleur monte. La procédure de Makita est précise : « laissez le moteur tourner au ralenti, puis retirez en partie le foret du trou. Si vous répétez cette opération plusieurs fois de suite, le trou se débouchera ». Le trou se vide, la pointe respire, et l'avance reprend sans appuyer.
Le piège : Un trou bouché, c'est aussi un foret qui peut se bloquer net. Makita prévient qu'une force de torsion « considérable » s'exerce alors sur la machine : les deux mains restent sur les poignées pendant toute la série.
07S'arrêter à la profondeur de la cheville
Réglez la tige de profondeur de la poignée latérale avant le premier trou — Makita la décrit comme ce qui « permet de percer des trous de longueur uniforme » — ou collez un repère de ruban adhésif sur le foret. La cote à reporter est la profondeur de perçage de la cheville, pas sa longueur à vue d'œil : 33 mm au moins pour une cheville à frapper EA II M8x30, 43 mm pour la M8x40.
Le piège : Pour une cheville à frapper, la profondeur se respecte dans les deux sens : fischer écrit que « la profondeur de perçage et le diamètre du foret doivent impérativement être respectés », et recommande des forets à butée pour ses versions courtes. Trop court, elle dépasse ; trop long, elle s'enfonce sous la surface.
08Nettoyer le trou comme la cheville le demande
Le nettoyage change d'une cheville à l'autre, et c'est la fiche qui le dit. Une résine dans le béton en demande le plus : fischer impose pour la FIS V Plus quatre soufflages, quatre brossages, puis quatre soufflages, en partant du fond — deux, deux et deux dans une maçonnerie pleine. Une cheville à frapper EA II se contente de trois soufflages. Et le goujon FAZ II Plus est annoncé par fischer « sans nettoyage du trou de forage » du M8 au M16.
Le piège : Une résine tient par ce qu'elle colle à la paroi : sur de la poussière, elle colle à la poussière. fischer n'admet d'ailleurs pas les trous carottés au diamant pour la FIS V Plus. Pour une résine, seul le foret aspirant dispense du nettoyage.